Collège de l'Epine - Novalaise

UN DES MOMENTS LES PLUS FORTS DE L'ANNEE : LA " LEÇON DES CAMPS ".

Pour la troisième année (2016), notre établissement a eu l'honneur de recevoir Monsieur Christian Desseaux.
Résistant à Compiègne (Oise), il est arrêté par la gestapo en 1943 et déporté en janvier 1944 à Buchenwald, à l'âge de 17 ans. Il est alors désigné pour travailler dans le tunnel de Dora. En avril 1945, il subit " les marches de la mort " avant d'être libéré par l'armée russe.
Pendant trois heures, les classes de 3e ont écouté avec émotion le récit des souffrances endurées par les prisonniers dans l'enfer des camps nazis.
Les élèves ont ainsi pris conscience du courage, de la force de l'engagement de ceux qui ont lutté pour défendre les droits de la personne et de la démocratie.
A la fin de son intervention, Monsieur Desseaux a investi nos jeunes d'une mission, celle de " témoin ". Il leur a demandé de transmettre son témoignage, de poursuivre le devoir de mémoire.

Merci Monsieur pour cette magistrale leçon.
Soyez assuré qu'ils n'oublieront pas votre histoire et votre dignité.
Soyez certain que vos paroles de tolérance et de paix les accompagneront dans leurs choix de citoyen et qu'ils se souviendront de ce que vous leur avez affirmé avec tant de conviction " oui, la vie est belle ! ".

Madame Mermoud, professeure d'histoire au Collège de l'Épine, Novalaise.
Année 2016-2017.

Monsieur Christian Desseaux

2014, 2015, 2016, 2017

" Vous êtes la France, on compte sur vous... "


Le mardi 1er décembre 2015, à l'invitation de madame Martine Mermoud, professeur d'histoire, monsieur Christian Desseaux, résistant de la première heure et déporté à Buchenwald, est venu apporter un témoignage d'une force de vie incroyable aux deux classes de troisième du collège de l'Épine.

Dans un silence absolu, pendant trois heures, il a fait le récit d'un parcours où le meilleur de l'humanité rencontra le pire. Il ne manqua pas d'associer l'humour à l'acte de résistance, en nous rappelant le code de ralliement de son réseau dans la forêt de Compiègne (les rondelles de saucisson s'arrosent au vin blanc) ou le crachin contre le " retour à la terre " de Pétain (on a pissé sur les légumes que nous devions cultiver).

Mais tous les rires et toute la beauté du monde s'évanouissent face à la barbarie, du transport dans des conditions déjà immondes aux camps de concentration. Là, l'amour de l'autre reçoit un coup terrible en plein cœur : " J'ai vu un homme tué parce qu'il était le dernier à porter sa pierre à l'arrivée ;comment peut-on mourir pour une pierre, comment faire pour ne pas être le dernier ?! ".

L'horreur prend la tête des souvenirs : " J'ai dormi entre les morts, ai ramassé des cadavres dont les os se brisaient comme du verre " ; " les Allemands buvaient des coups devant les exécutions, se délectaient à l'aube de notre peur d'être gazés ".

Et dans le train du retour, la liberté se met à hurler des larmes : " Tout seul, en voyant les paysages de la guerre enterrée, j'ai pleuré, pleuré, pleuré tous mes copains disparus ".

Profondément touchés et conscients de leur devoir de citoyenneté, nos jeunes sont désormais au premier rang des amis de la fondation pour la mémoire de la déportation. Le livre de Christian Desseaux " Dora, le tunnel de la mort " et un DVD réalisé en 2013 lors de son intervention au collège de Grésy-sur-Aix enrichiront le fonds du CDI du collège de Novalaise.


Pascal Verbaere, professeur documentaliste